Deux classes, Un projet, Zéro stéréotype

Deux classes, Un projet, Zéro stéréotype

10 janvier : deux professeurs, l’infirmière du lycée, une salle de français bien trop petite pour accueillir la quarantaine d’élèves présents, des provocations moqueuses des garçons et des protestations indignées des filles. C’est ainsi que commença le projet sur l’égalité hommes-femmes de seconde D et de 1CAP peinture.
Nous sommes contraints d’avouer que, présenté ainsi, ce projet peut sembler brouillon et pour être honnête, il était au départ plutôt modeste puisque nos seuls objectifs étaient de débattre sur les stéréotypes et de créer un dépliant pour l’infirmerie.
Mais nous pouvons aussi évoquer les rencontres avec les élèves de CAP, l’enthousiasme de certains élèves et surtout l’ambiance positive du projet qui n’engagea aucun conflit réel malgré des avis particulièrement divergents de la part des différents élèves.

Ce fut cette bonne humeur qui prit finalement le dessus et qui finit par donner au projet une ampleur inattendue puisque vinrent s’ajouter à nos débats et autres dépliants, les interviews d’Ingrid, élève et seule fille en seconde année de CAP peinture, et d’un maïeuticien.
L’objectif était, comme vous pouvez vous en douter, d’avoir le ressenti d’une femme dans un milieu masculin et celui d’un homme dans un milieu masculin.
A ces interviews s’ajoutèrent alors une exposition pour la journée portes ouvertes du lycée et la fête commença : un sondage pour les visiteurs, un texte de RAP écrit par un élève de CAP, une affiche faite en Graff, un jeu sur les stéréotypes sur les jouets, plusieurs affiches sur la publicité et une sur les tweets misogynes trouvés sur le net. Vous aurez compris par vous-même qu’à ce stade là nos craintes de début de projet étaient bien loin derrière nous. Nous avons même l’objectif de nous inscrire à un concours !

Nous étions plusieurs à être assez frileux à l’idée de ce projet. Et pourtant, malgré mon manque d’enthousiasme lors des premières séances, j’ai fait partie des huit idiots qui se sont levés à sept heures un samedi matin pour présenter notre exposition à la journée portes ouvertes. Et le pire dans tout cela, c’était que j’étais débordante d’enthousiasme !

Cette matinée fut, selon moi, le meilleur moment du projet. Je m’occupais, avec trois autres camarades, du jeu sur les stéréotypes sur les jouets et malgré la politesse et le respect des gens, nous avons eu quelques pépites sur lesquelles nous terminerons cet article :

« Papa, met les petites voitures du côté des filles ! demande une future élève de BTS.
- Ah oui, c’est vrai qu’elles en cassent plus ! »

« Monsieur, auriez vous le temps pour un petit jeu ?
- Non ! 
»

« Moi, la petite voiture pour les filles ça me choque pas, mais jamais de la vie j’offrirai une Barbie à mon fils »

Altaïs 2D